Un optimiste, un pessimiste et un réalise rentrent dans un bar...

La pensée commune suggère que plus vous êtes positif, plus vous serez heureux. Cette philosophie alimente toute une industrie d'entraide, avec entre autre des livres nous disant qu'une vie meilleure sera la nôtre si nous embrassons le pouvoir de la pensée positive.

Mais la positivité implacable peut aussi être drainante.
 Il arrive en effet que les choses n'aillent pas toujours bien.

 

Parfois, nous n'obtenons pas ce que nous voulons. Et parfois, planifier le pire scénario possible est très, très nécessaire (cas par exemple : l'année 2020.).
Si vous vous êtes déjà retrouvé à remettre en question les avantages d'une positivité effrénée, il y a maintenant des recherches pour soutenir votre scepticisme. Une étude publiée à la mi-2020 a révélé que ceux qui ont des attentes réalistes sont plus heureux à long terme que les optimistes ou les pessimistes.


Le maintien de la réalité est-il la clé du contentement à long terme ?


Pendant 18 ans, de 1991 à 2009, un panel de 1 601 personnes a participé à une étude mesurant leur optimisme en répondant à des questions sur leur situation financière (par exemple, si elles se voyaient mieux loties, pires ou à peu près pareil dans un an) et leur satisfaction de vie. L'étude a révélé qu'à long terme ceux qui ont des attentes erronées, qu'elles soient optimistes ou pessimistes, s'en sortent moins bien que les réalistes.


En d'autres termes, ceux qui sont réalistes quant à leur avenir et qui prennent des décisions fondées sur des données probantes ont un plus grand sentiment de bien-être que ceux qui ont des attentes élevées (optimistes) ou de faibles attentes (pessimistes).


Le niveau de détresse psychologique des pessimistes dans l'ensemble était 37 % plus élevé que celui des réalistes, tandis que le niveau de détresse psychologique des optimistes était près de 12 % plus élevé. En ce qui concerne la satisfaction de vivre, les pessimistes ont déclaré un bien-être inférieur de 21,8 % à celui des réalistes et les optimistes à 13,5 %.


Devrions-nous donc adopter le réalisme ?


L'étude suggère que les réalistes sont plus heureux à long terme.

Le plus gros problème en étant trop optimiste ou pessimiste est que cela peut conduire à une mauvaise prise de décisions. 

Prenons un exemple concret. Pariant sur un solde bancaire plus important l'année prochaine, l'optimiste réserve un voyage tous frais payés à Hawaii. Le pessimiste lui, s'attendant à une situation pire annule tous les plans et manque des expériences de vie. Le réaliste quant à lui examine sa situation financière, examine les besoins futurs et réserve des vacances qui correspond à son budget.

Comment puis-je appliquer cela à ma vie ?


Bien qu'il ne soit peut-être pas possible de supprimer une certaine perspective à propos de tout du jour au lendemain, considérer l'autre côté d'une situation vous aidera au moins à prendre une décision mieux informée. Si vous êtes pessimiste, examinez les différentes options avant de faire définitivement un trait dessus. Si vous êtes optimiste, demandez-vous ce que vous feriez si les choses ne se passaient pas comme vous l'espérez.

Jetons un coup d'œil à ce à quoi ressemble un réaliste dans trois domaines de la vie.


Vous pouvez rester positif tout en étant réaliste quant à vos objectifs de remise en forme.

1. Vos objectifs de remise en forme

Si vous êtes optimiste, vous vous êtes peut-être inscrit à un cours de sport, à une salle de musculation, dans l'optique d'obtenir le physique voulu. Si vous avez une nature plus pessimiste, vous pensiez d'ores et déjà qu'il n'y avait aucun moyen que cela puisse fonctionner.


Mais en tant que réaliste, vous comprenez que bien que vous n'avez peut-être pas la même génétique que Chris Hemsworth (Thor), mais que vous pouvez toujours travailler pour que votre propre corps soit au meilleur de sa forme. Et vous savez aussi qu'il n'y a pas de formule magique - pour que toute routine de remise en forme fonctionne, il faut travailler pour et fournir l'effort. Cela peut être difficile au début, mais si vous vous y tenez, les résultats viendront.


Si vous abordez votre parcours de remise en forme avec un état d'esprit réaliste, vous pouvez compter chaque nouvelle étape franchie (lever des poids plus lourds, maîtriser un exercice, se sentir moins ballonné...) comme une victoire - plutôt que de vous apitoyer de ne pas réussir à changer votre physique du jour au lendemain.

2. Votre vie à la maison


Vivez-vous dans l'espoir éternel que votre partenaire apprenne un jour à arrêter de laisser ses chaussettes sales sur le sol ou à se rappeler où se trouvent les clés de le voiture ?


Alors qu'un optimiste ou un pessimiste peut se distraire face au manque d'organisation de son partenaire, un réaliste pèserait les problèmes et tenterait de trouver des solutions.
Alors peut-être que les chaussettes sales sur le sol sont une cause perdue, mais ne pouvez-vous pas demander à votre partenaire de compenser en s'améliorant sur d'autres choses ? Avoir une discussion réaliste sur les responsabilités de l'autre dans un ménage est toujours la meilleure solution.


3. Lorsque vous êtes au travail


Lorsque le moment des bonus arrive, un optimiste a déjà l'argent supplémentaire dépensé dans son esprit, avant même qu'il n'apparaisse sur son compte bancaire. Un pessimiste sera lui en colère contre la direction pour les avoir négligés (encore une fois) et ne prend même pas la peine de demander un examen de la paye afin de comprendre la situation.

Pendant ce temps, un réaliste a été occupé à faire des calculs mentaux : "Ma dernière augmentation de salaire remonte à 4 ans, les revenus des entreprises sont en baisse cette année, s'il y a une augmentation, ce sera modeste..." Mais un réaliste comprendra également que si vous ne demandez pas, vous êtes beaucoup moins susceptible de l'obtenir.


Gérer vos attentes en étant réaliste vous aidera à profiter des bonnes choses qui vous viennent, et à ne pas vous sentir ainsi déçu par les mauvaises. Et cela, à long terme, devrait vous rendre plus heureux.



Rédacteur

Adrien Amasse